METALLIAN Magazine - 2020
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DEATH The sound of persererAnce


METALLIAN - 12



N°12 : Juillet / Août 1998
Numéro en rupture de stock !

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DEATH

The sound of perseverance

Entretien exclusif avec Chuck Schuldiner...

- Par Fred Pichot -

 

Il revient enfin… Chuck Shuldiner va refaire surface à la rentrée avec bien entendu Death et un nouvel album, The Sound Of Perseverance. Celui qui alimenta beaucoup plus les potins du metal que les pages d’interviews est sans aucun doute attendu au tournant… avec quelques guet-apens médiatiques sur son passage ! Ceux qui l’auront roulé dans la boue s‘en donneront encore à cœur joie. Pour notre part, nous nous cantonnerons à nous « en mettre plein les oreilles ». Avant de sauter comme des puces en savourant ce petit dernier, nous avons attrapé le principal intéressé en pleine séance d’enregistrement… vous savez, celui qui a révolutionné lepetit monde de la musique extrême, en imposant le nom d’un groupe comme celui d’un style…

Comment es-tu arrivé à signer avec Nuclear Blast et que s'est-il passé avec Roadrunner ?

Avant tout, Roadrunner était tombé sur notre dernier album sorti chez Relativity, et nous avons signé un contrat pour un album, ce qui en fait a été une bonne chose car je n'ai pas été totalement satisfait de la façon dont ils se sont occupés de l'album Symbolic... Après avoir honoré le contrat, j'ai rassemblé des idées que j'avais eues pour un autre groupe, Control Denied, sur lequel je travaille actuellement, avant de sortir un nouvel album de Death... Quand j'ai commencé à composer à nouveau pour Death, j'ai démarché auprès de plusieurs labels et j'ai été contacté par différentes personnes. L'un des labels était Nuclear Blast à qui j'ai envoyé une cassette avec quatre morceaux que nous avions enregistrés chez moi... Ils ont adoré ! J'ai envoyé la même cassette à d'autres labels, mais, pour moi, Nuclear Blast a une sensibilité très heavy metal. J'apprécie beaucoup le fait qu'ils aient un grand nombre de groupes que j'affectionne comme Primal Fear, Hammerfall. Beaucoup de gens ont été surpris que je ne choisisse pas un très gros label commercial, mais je ne voulais pas travailler avec des gens qui ne connaissent rien au metal.

La nouvelle mouture de Death est encore un groupe à ton image ou s'agit-il d'une formation à part entière ?

Je continue à tout écrire, comme par le passé, mais en même temps, nous formons un groupe en ce sens que chacun se démarque par son talent. Je ne vois pas pourquoi il faudrait avoir de bons musiciens et ne pas montrer ce qu'ils ont à offrir. Je me fais un point d'honneur de pouvoir travailler avec d'excellents musiciens qui me laissent libre d'écrire ce qui me passe par la tête sans avoir à suivre aucune mode. Je veux abolir les modes. L'Amérique me fatigue et me fait tout particulièrement chier ! Ce pays est à ce point avide de modes que c'en est écoeurant.

En Amérique, lorsque tu es original, tu te fais laminer par les modes, mais il y a ici beaucoup de fans qui ont soif de metal pur et c'est justement ce que propose le nouvel album de Death !

Nous attendons avec impatience de venir en Europe et de faire le tour du monde, mais l'Amérique reste tout de même le pays qui a le plus besoin d'aide. J'espère vraiment que cet album sera le point de départ d'un renouveau dans la scène metal américaine car la plupart des autres groupes ne font que suivre les modes. Je ne dénonce personne, mais beaucoup de grands groupes américains se sont éloignés des racines du metal.

Sans tomber dans la nostalgie pure et dure, Death résonne comme un nom mythique sur la scène metal. Avec la paternité d'un style, nombreux sont ceux qui ťattendront avec de bonnes ou de mauvaises pensées à la sortie de ton dernier album. Ce nouveau challenge t'inspire quoi ?

Je pense que c'est super ! C'est très facile pour les gens de sous-estimer cette capacité à se surpasser d'un album à l'autre. J'ai hâte que l'album sorte car je trouve qu'il surclasse de loin tout ce que les autres ont pu penser que je pourrais faire. C'est sincèrement ce que je pense. Je ne fais que constater les faits : je me place d'un point de vue de fan et je le compare à tout ce qui est sorti... Je me fous de ce que les autres vont dire de moi, car Death est toujours resté sincère, puisque je suis un fan de heavy metal... J'écoute du heavy metal, j'achète du heavy metal...

Ce nouvel album est-t-il selon toi dans la continuité de Symbolic ou s'agira-t-il d'un retour aux sources de Human ?

Je pense que c'est un bon compromis entre Human, Individual Thought Pattern et Symbolic tout en allant bien plus loin. C'est méga agressif, c'est méga technique... c'est violent comme Human, c'est technique comme Individual Thought Pattern et il a le feeling de Symbolic. À mon avis, c'est vraiment un très bon compromis de tous ces albums sans être du réchauffé...

Tu en as profité pour tenter l'aventure vers de nouveaux horizons musicaux ?

Oui, effectivement, il y a beaucoup de choses sur cet album que je n'avais jamais faites auparavant. Mais attention, il n'y a rien de loufoque, je ne tiens pas à effrayer les gens. D'un certain point de vue, c'est un album qui laisse la part belle aux guitares avec beaucoup de mélodies.

Depuis Human, la scène metal a considérablement évolué, tu te situes où maintenant ?

Je déteste les catégories, il y en a bien trop. Je considère que Death est un groupe de metal point à la ligne ! Les gens cherchent souvent à nous classer dans une certaine catégorie, mais je me contente de dire que nous sommes un groupe de heavy metal. Lorsque nos démos sont sorties, les gens se sont mis à dire que nous faisions du death metal. À l'époque, j'ai trouvé le nom cool, mais peu à peu l'aspect négatif du terme ne me plaisait plus car je traite de sujets beaucoup plus positifs. J'ai aujourd'hui 31 ans, et j'ai beaucoup progressé musicalement, mais ce que nous faisons aujourd'hui est encore plus metal que ce que nous faisions à nos débuts. Je refuse d'être classé dans une catégorie, donc j'essaie de toujours évoluer, que ce soit au niveau des textes ou de la musique, de toutes les façons, Death est et restera unique.

Peux tu nous donner quelques détails de ce nouvel album enregistré au Morrisound ?

Le titre de l'album est The Sound Of Perseverance et bien évidemment le sujet central en est la persévérance, l'implication et la passion. Les musiciens qui font maintenant partie du groupe sont tout simplement phénoménaux et je suis très fier de ce line-up. Chacun est dévoué corps et âme au heavy metal, qualité primordiale pour qui veut être membre du groupe. Dans cet album figureront des titres comme “Flesh in the power of souls” qui dure un peu plus de huit minutes, “Clarity"... qui fait à peu près quinze minutes. Les gens seront vraiment contents de cet album, je pense. Il y aura aussi des titres plus courts qui atteindront quand même les cing minutes !

Petite question complètement ridicule... qui compose sur cet album ?

Hé bien... j'ai écrit tous les textes, ainsi que la musique ! Tout cela est très naturel pour moi, mais je ne contrôle pas le groupe comme beaucoup de gens se plaisent à le dire. Pour moi, composer, c'est comme respirer. C'est quelque chose que j'ai besoin de faire. Tout ce que j'écris a un rapport étroit avec ce que je vis au quotidien, et les gens le ressentent.

Tu n'as jamais pensé à changer le nom du groupe pour ce come-back?

Oui et c'est quelque chose qu'il m'aurait été très facile de faire. J'ai été absent de la scène un bon moment. Cela n'aurait pas été difficile pour moi de dire : "Hey, regardez, me voici de retour avec un nouveau groupe”. Mais le fait est que j'ai choisi le nom Death à seize ans et ce nom est aujourd'hui devenu célèbre. Cela aurait été stupide d'en changer. Les gens ont besoin de points de repère auxquels se raccrocher. J'aurais donc été très peine d'avoir à me défaire de ce nom. De plus, je ne veux décevoir personne.

Durant toute cette période de silence, qu'est-ce qui t-a marqué dans le milieu du metal ?

Beaucoup des disques que j'ai acheté m'ont déçu. Je n'ai pas acheté le dernier Metalllica, mais ce qu'ils ont fait dernièrement m'a plutôt dégoutté, et je dis cela en tant que fan, d'autant qu'aujourd'hui, ils disent ne plus être un groupe de metal et n'avoir que faire de cette scène... Je ressens cela comme une blessure personnelle, comme tout fan de la première heure mais de toutes façons, la musique est quelque chose que i l'on vit de manière très personnelle, quel que soit le style de musique.

Pour ce come-back, Death a fait une apparition au Dynamo Open Air... D'autres dates sont-elles prévues en Europe et en France ?

Non, nous ne viendrons pas chez vous cette fois-ci, ce que je regrette car j'aime beaucoup la France. Nous nous cantonnerons à l'Europe du Nord.

Dernière question, tu parlais de ton “side projet”. Tient-il une part importante dans ton emploi du temps ?

Oui, et il compte beaucoup pour moi ! Je souhaite d'ailleurs bientôt enregistrer l'album de Control Denied qui sortira sans doute aussi chez Nuclear Blast...